emsirinoruŠuronirisme - Message ou slogan
 
 
 
 
 
IL N'Y A RIEN !
 
 

 
Je me souviens de cette femme
Assise à terre sur l'herbe tendre
Et de son air à fendre l'âme
Et de sa chair qu'elle voulait pendre ...
 

Elle avait des phrases terribles
Pour deux curés agenouillés
Qui lui disaient : « C'est bien horrible ...
À votre âge ... Rien n'est passé ... ».
 

« Rien n'est passé mais tout s'en va ! »
Criait la pauvre vers le ciel ;
« Il n'y a rien et puis voilà ! »
Les deux curés restaient de miel ...

 
« Il n'y a rien dans tout ce monde !
Il n'y a rien dans le néant ...
Tout file à une triste bonde !
 Les enfants, l'amour et le temps ...

 
Cette vidange est sans balance !
Ça tombe dans sa gueule ouverte ...
Son fleuve a des sources aux naissances !
C'est un torrent rouge et alerte ... 
 

Les vivants naissent pour ce trou !
Les hommes glissent vers la fin ...
Ils iront tous ! Et moi ! Et vous !
Nous sommes nés sans lendemains ... 
 

Pourquoi paraître à cette horreur ?
Ne savez-vous pas le secret ?
Tout ce qui est vivant se meurt !
Les morts aussi furent des bébés ... 
 

J'ai vu la tombe de mon père
Avec le cercueil pourri !
Il n'y a rien ! C'est un désert !
 Qui mène vers le grand oubli ... 
 

Tout est aride et desséché !
Elle pompe les fluides et les os ...
Je l'ai sentie ! Je l'ai aimée !
Je ne veux plus de ce fardeau ...
 

-  Mais vous avez de beaux bambins
Qui vous attendent à la maison ...
-  Ils seront vieux avant demain !
Le trou les veut ! J'ai fait un don ...
 

Ils ressemblent à des cœurs tout choses ...
Les autres aussi n'attendront pas ...
Un squelette porte ces roses ...
Le désert transparaît déjà ...
 

Je veux mourir ... Qu'on en finisse !
Prions pour que plus rien ne soit ...
Vite, coulons dans cet abysse !
Vite, courrons nous pendre au bois ... ».
 

Elle avait mis, disant cela,
Son cou sous le bras du plus beau
Mais dans sa main en contre-bas,
Ils virent qu'elle tenait un couteau.
 

« Arrêtez, malheureuse folle !
Je dis aux pompiers de venir ! ».
Au loin, les enfants d'une école
Hurlaient des jeux sans avenir ...

 
Prostrée comme un foetus vide,
En tremblotant, elle gémissait ...
Deux curés avaient l'air stupide ;
L'un attendait ... l'autre pleurait !
 
 
 
 
© THIERRY LAURIER 2011
 

 
Mercredi 14 Septembre – Jeudi 15 Septembre 2011
 
 
 
 
 
 
 
N'Y A-T-IL VRAIMENT RIEN ?
 
 
 
 
 
emsirinoruŠuronirisme