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LA PAUVRETTE

 
Texte de chanson šuroniriste et décalée en forme de sketch humoristique à la mode 1900
 

 Si vous pensez que tout va bien quand ça va mal
Si vous croyez pas au destin des plus fatals
C'est que vous ne connaissez pas la fin tragique
De la pauvrette dont l'histoire coupe la chique !
 

 Sans être née, déjà, elle eut le goût d'l'amer...
Quand elle entendit dans le ventre de sa mère
Par son papa qu'était en train de tournoyer
" C'est le vautour qui m'a pris pour un agnelé " !
 

 Elle ne sut pas la joie
Sa vie ne fut qu'misères
Quand s'éteignait le froid
La chaleur tuait ses frères !
 

 Et si la gentillesse
Frappait aux f'nètres ouvertes
Un carreau sans faiblesse
Cisaillait l'âme offerte
 

 Pour ses quatre ans maudits par les dieux d'la famille
Son tonton tua tata parc'qu'il avait d'l'aigreur
« Où est passé tantine ? », supplia la p'tite fille
« Elle voyage en morceaux ! », lui dit l'suppôt d'l'horreur
 

« Je l'ai sciée en douze avec un manche de pelle
Puis dans un presse-purée, j'en ai fait de longs fils
Que j'ai tant torsadés en les collant d'son fiel
Qu'elle devint une corde : Elle navigue sur le
Nil ! ».
 

La pauvre enfant perdue
Se réfugia dans l'rêve
Mais sa fuite éperdue
Ne connut pas de trêves
 

 Car lorsqu'elle eut seize ans
Avec des yeux de quiches
Voici qu'un aut' tourment
Lui mit le cœur en friche !
 

 Alors qu'elle travaillait en ramassant les trous
Pour combler des fossés le long des éboulis
Une tige de bout d'herbe ayant un air de houx
Lui piqua son gros nez qui s'mit à faire du bruit
 

 V'là t'y pas qu'le tarin s'ouvrit comme une trompette
Infecté par le houx vénéneux que pour elle
Une musique aigue attira de grosses bêtes
La pauvrette dut s'enfuir en oubliant d'être belle
 

 Elle alla consulter
Une astrologue en vogue
Pour savoir où pencher
Vers l'espoir ou la drogue
 

 Mais la voyante émue
En tâtant sa grosse boule
Lui dit « Tout est foutu !
Y'a le malheur qui r'foule » !
 

Sachant ce bel avenir, elle attendit vingt ans
Avant de faire " bonjour " à un garçon tordu
Avec une de ses mains, l'autre ayant prit du champ
Le jour de la Saint-Mouise, patron de tout c'qu'à chu !
 

 Il lui répondit pas vu qu'il avait pas d'bras
Et quand elle s'approcha, non plus il ne dit rien
C'est lorsqu'elle l'embrassa qu'alors elle constata
Qu'il était décédé calé contre son chien !
 

 Il lui prit un grand froid
Dans tout son être affreux
Elle sentit un gros poids
Qui lui faisait des bleus
 

 Sur sa manche effilée
Se posa un glaçon
Et comme elle grélottait
Alors vinrent les grêlons !
 

 La pauvrette s'conclut donc à finir maintenant
Pour ne point t'empêcher que soit le drame entier
Et afin de s'bien tuer sans perdre plus de temps
Vers une falaise qui tombe, elle se mena d'son pied
 

 C'est là qu'elle vit la chose incroyable et bluffante
Son père qui tournoyait depuis plus de trente ans
Dans les griffes du vautour comme une poupée volante
Son papounet tout raide fut lâché dans le vent
 

 Il se mit à planer
Avec les os en vrac
Avant que de piquer
Pour la fin du spectacle
 

 Et je vous l'donne en mille
Il vint s'écrabouiller
Sur la tronche à sa fille
Qu'avait d'la destinée !
 
 

© THIERRY LAURIER 2014
 
 
 
 
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