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MA TOMBE ENCHANTÉE
 

 
 
 
Par ce texte inconsidéré qui n'est ni seulement
de la prose ni complètement une versification,
j'invente un style nouveau et alerte,
 
" LA PROSE EN VERS ! "
 
 
 
 
« Depuis que le Monde est Monde, cent milliards d'êtres humains ont vécu et quiconque n'a aucune responsabilité dans quoi que ce soit !
 
Pourquoi sommes-nous tels que les autres ne nous voient pas ?
 
Ce n'est pas nous qui disons " je t'aime "
ou qui assassinons notre mère.
 
" JE " n'existe pas.
Pas même " NOUS ".
 
Il y a des multitudes étrangères en mouvement dans notre Labyrinthe qu'il nous faut bien essayer de parcourir sans jamais les connaître.
 
Rien n'a de sens et tout est vain mais rien non plus n'a d'importance.
 
Le contraire n'est qu'une idée reçue de l'espérance ou par des bourrages de crânes enseignés de vieux hommes au pouvoir ithyphallique et morbide.
 
L'Amour ne compte pas plus que la Mort.
Le suicide guère davantage que de vivre.
 
Chacun est libre de croire qu'il l'est alors que nous ne maîtrisons rien de nous-mêmes et que des profondeurs horribles nous dirigent, commandées elles-mêmes par les marécages de temps perdus dans le reflet de ces cent milliards de miroirs aveugles !
 
Seule l'idée que l'on se fait des choses est notre vérité;
hors les idées changent même si les nouvelles sont aussi vraies ou fausses que les anciennes !
 
Rien de ce qui ne sera plus n'aura été ...
 
L’après ressemble à des passés lancés par les vivants d'avant avec des boomerangs invisibles et sans but.
 
Des châteaux cachés sous des pagnes bourrés de camelots traversent nos Espagne sur des ânes idiots.
 
Nous sommes des carottes !
Et les légumes meurent !
 
Mais moi qui ne sais pas qui je suis, j'écris ce que je veux et la tombe est mon lieu.
 
Hors ...
 
Jadis, les fantômes étaient heureux comme des coqs en pâte.
On leur cirait les pompes funèbres avec idolâtrie par des messes océanes ou de sublimes crimes ... on leur portait les eaux avec de jolis sorts ...
la foule aimait la vie des mânes sans comprendre ...
les vivants par envie leur chantaient tout espoir et les fous étaient vus comme leurs esprits noirs !
La mort menait la danse !
Au Japon et en France !
Partout avec gourmandise, les trépassés vivaient et les vivants rêvaient !
La fin courait le monde pour l'amour des déesses ...
Dieu composait la ronde, tournait dans les abbesses !
 
Aujourd'hui, elle est finie la fête !
Les tombeaux refermés, vides, inutiles et laids ... avec une graville où crisse l'inutile ...
ils ne servent à rien et si les Toussaint filent, voient passer les familles, c'est pour mieux en-sceller cette triste indigence ... c'est pour renouveler la grande indifférence !
 
Tous mais pas le mien !
 
Je suis un survivant des antiques espérances !
Je sens ce qui n'est pas et je sais l'impossible !
 
Plus rien ne doit paraître !
 
Il ne faut plus les voir, les âmes dans le noir que je vois transparaître ...
 
Silencieuses et aveugles dans de grands châteaux-forts, elles souffrent sans bruit car le silence est d'or ...
Muets depuis des siècles ... enfermés sous les dômes ... dans ce théâtre sombre, impassibles, oubliés, les défunts s'impatientent ...
Fiers et tapis dans l'ombre, ils préparent un retour avec leur grand amour car cent milliards d'étoiles qui brillent sans soleil sont des lunes au placard mais que le jour appelle ...
 
Et les dieux ont bougé sous les Christs figés !
 
Je vois des chèvres rouges, saoules et transfigurées ...
Une Mer trop salée s'écoule dans les blés ...
Des lucioles andalouses chantent qu'elles ont le blues ...
Partout, les rocs branlent et trépignent ...
Les sorcières sont fin prêtes pour le sabbat qui pète !
 
Quand les coqs chantent à midi sous le vent des montagnes, les Églises elles aussi hissent la tête de leurs clochers pour voir passer le Diable !
Trois fois, les cloches sonnent !
Cent fois, des cris résonnent !
Les poules noires s'enterrent ...
La France a ses mystères ...
 
Ailleurs, d'étranges salades de fruits sont servies à des Barons du samedi ...
Haïti est une île où les sangliers durs à cuire du Vaudou ont des cochons à poil dans leurs marmites à moelle !
 
Moi, je mange ...
La queue entre les jambes ...
 
Et c'est un chien battu par les vents de l'histoire,
mimant un loup perdu en haut d'un promontoire ...
 
Les moutons égarés montent sur la montagne ...
Avec la fleur fanée, ils bêlent des campagnes ...
Des Landes trop gorgées de sang, de poudre et d'îles
Où des anges enlacés peignent des dieux les fils ...
 
Ces dieux !
 
Il n'y a qu'eux !
 
Connaissez-vous l'histoire de Sisyphe et ses traces ?
 
Sautant de siècles en faces et volant tant de crânes, il parcourt les esprits d'une Marelle étrange ...
Emportant tous les rêves, il connait les secrets et grimpe vers le ciel pour nous les dévoiler ...
 
" Deviens ce que tu es ! ".
 
Mais où et comment faire ?
Dieu est absent du temps !
Du ciel et de la Terre !
 
« Va le chercher puis sois ! »
 
Car ...
 
" Si tu ne viens pas à Lagardère,
Lagardère viendra à toi ! ".
 
Et ça bardera !
 
Mais si Pan s'en revient d'entre les morts ou les endormis, une case de plus sera franchie sur cet escalier vers le Paradis !
 
Tout est possible puisqu'un fil relit les hommes entre eux tous depuis toujours !
 
C'est la corde vers les divinités !
Elle est très solide ...
Elle ne peut être cassée...
 
C'est un fluide ...
 
Ce fil antique n'est pas un fil en toc !
 
C'est la Mer du courage, des envies et des peurs !
Un détroit où l'on nage sans courroux ni terreur !
Il faut descendre son cours car il va au-delà, emmenant ces avants ...
 
Au-delà des malheurs, des choses et de l'espoir ...
 
Au-delà de la mort !
 
Il s'y trouve l'encore sans cause ni raison.
 
Sans questions.
 
La fin mène au début comme un navire parti depuis toujours entre au Port sans retour !
 
Il faut sourire à la mort avec des dents de lait !
 
C'est ma Foi !
 
Je sais de quoi je parle !
 
J'étais mort et je vis ...
 
Ma tombe est un Zombi ...
 
Sa porte grande ouverte vous invite à la perte !
 
Allez ! Allez !
 
VENEZ !
 
Et ...
 
ENTREZ SANS FRAPPER !
 
Nous partirons demain pour explorer ce Monde et de petits cailloux vous sèmerez à terre ...
Non pour trouver le chemin du retour mais pour être certain que nous suive l'amour ...
 
Ce couloir achevé qui jamais ne finit ... 
Cette rue dépavée où la boue nous envie ...
 
Il servira de guide comme une perspective et avec ce fil rouge que nous suivrons sans bruit, nous verrons des taureaux avant que l'eau n'arrive ...
 
Nous ne les tuerons pas puisqu'ils sont déjà morts;
 
Noyés au fil des rives et pendus par les cors ...
 
Lorsque tous les torrents s'approcheront plaintifs, lorsque nous entendrons les galets des marrais,
un Minotaure de verre portant un If au front passera sur nos terres pour se rendre en amont !
 
Le suivront en silence Lancelot et sa lance,
une vierge embronchée cachée sous un bûcher ...
 
Il y aura du sang, des flammes et de l'horreur ...
D'un petit Roi de trèfle, nous porterons le cœur
 
Avec une tendresse ...
Une chance infinie ...
Il aura fui sans cesse ...
Et l'amour et la vie !
 
Nous jouerons avec lui aux cartes au Paradis et dans ce doux bazar, le Poker du hasard,
Dieu montrera ses fesses ...
Les dés adorent la messe ...
 
Sur une table alerte couverte de prairies, des sauterelles vides serviront des gâteaux, du miel et de l'encens où des os tous petits comme les osselets sucreront nos godets et sécheront nos pleurs.
 
Que de vies sans ampleur !
Que d'ânes subjugués !
La menthe est religieuse ...
Le Pape fait son thé !
 
Pourvu que ce jeu long passe par tous les ponts ...
 
Pourvu que ce Morpion dure avec les saisons ...
 
L'Amour est un printemps...
La vie un vent du soir et la mort une histoire contée par des pompons cachés sous des amphores !
 
L'épave a l'eau du Port ...
 
Nous coulons et c'est bon ...
 
Il faut de grands naufrages car l'aventure est au bout du marin ...
 
Vivement les voyages !
 
Et j'en ai fait de beaux ...
 
Je suis parti plus loin !
 
Si loin que j'ai tout vu ...
 
Des batailles d'Empire, je ne sais que le pire !
 
Les soldats hypnotisés, immobiles, hagards, sans raison, vides et sourd aux canons.
 
Eux savent que tout est beau !
 
La poudre illumina leurs vies !
 
Dans ces champs au petit matin, la brume dessinait un Empereur évanescent, des Maréchaux branlants.
 
La longue vue dorée observait le chaos et derrière ce monocle, modelé sur son socle, un tricorne au rabais rassemblait les échos.
 
Rien n'a de sens ...
 
Grouchy attend ses fraises et l'Empire vous est sucré !
 
Les desserts sont mortels !
 
Oui ...
 
Mais comme elle était belle en marchant prés du lac, la fille au regard blême et du Roi de Bohème, aimée du capitaine ...
 
Si rien n'a de sens, alors tout est possible et tout se justifie !
 
Faire la guerre pour l'amour d'un cheveux tombé là et ramassé à terre,
c'est beau comme toujours !
 
De toutes les façons, il faut mourir un jour,
 
alors ...
 
Alors, à la " Puerta Del Sol ", sous le ciel sans nuages, un prince noir et Maure n'avait plus de visage !
 
Défiguré d'un trait dans un duel à Corfou, il avait essayé de se pendre à Cordoue !
 
Mais les servantes l'en avaient empêché.
Elles s'étaient baptisées !
Traites à l'Islam et comme tous les converties, plus royalistes que le Roi ...
Elles voulaient le sauver !
 
Ce balafré aimait en secret d'un amour enragé, un écuyer frileux, dégingandé et pleutre, le duc d'Ecija.
 
Et puisqu'il ne pouvait plus avoir de femmes honnêtes, il ambitionnait tout le reste !
 
Le reste adorait ça !
 
Une porte gémit ...
Un volet s’entrouvrit ...
Un murmure se fit ...
 
Et lorsqu'il referma avec l'espagnolette,
Ce fut de grands baisers avec l'Espagne offerte !
 
Ou bien sur la Pampa, un barbu sec et pâle venu se perdre là pour gagner du galon se fit élire Monarque perché sur un cheval !
 
Il était annoncé !
 
Et il était venu !
 
Le Roi d'Araucanie avait rêvé sa vie puis il vivait son rêve de gloire comme un enfant prophétique !
 
Tout vendre pour partir ...
 
Se pendre ou bien s'enfuir ...
 
Les Rubicon, il faut s'en affranchir ...
 
En se sauvant lui-même, il sauva tout un peuple car on ne sait pas ce qui fait l'avenir ...
 
Et l’étendard de son beau songe devenu réalité brille toujours pour les Mapuches fidèles et orgueilleux !
 
Sans doute jusqu'au grand soir que l'on voit brusquement quand tout se précipite enfin !
Jusqu'aux beaux lendemains !
 
Et là-bas vers ce Levant dont rêvait l'Occident, n'y avait-il pas eu le poète déserteur, trafiquant d'armes sans le sou qui revint voir sa sœur de sa jambe à son cou ?!
 
Sous le pont des soupirs, ne vit-on un mendiant parler à Don Juan ?!
 
À Kyoto, les dieux ne se baignent-ils pas avec l'Empereur ?
 
« À-t-on des nouvelles de Monsieur de la Pérouse ? ».*
 
Tous s'étaient perdus ...
 
Mais ils reviennent à la queue leu leu !
 
C'est le train des fantômes qui veulent voir le jour !
 
Venant du fond des temps, les wagons sont luisants comme des vers à moi !
 
C'est ma galaxie enchanteresse traînée par la locomotive qui avance au lait d’ânesse et dont les roues sont les œufs de Dali !
 
C'est une étoile filante faites à la main des cieux !
 
Quand passent mes comètes jaunes et noires encore, annonçant le dessein d'un vieux mousse à tribord, les vaisseaux dans le ciel, rouge en portant le fard, hissent des voiles oblongues aux confins des trous noirs !
 
Je suis un soleil pâle !
 
Et j'enrage à grands râles !
 
Je reviens d'où l'on ne revient pas !
 
Des envers à l'endroit !
 
Je remets tout en place, le vent, le mât, les toiles !
 
Je largue les amarres pour conquérir le Monde !
 
Je suis ce que je suis !
 
Un dieu et une Fronde !
 
Avec moi sont les cœurs qui jamais ne dirent oui !
 
À tous les déshonneurs, ils préférèrent l'oubli que l'on trouve en chemin par les routes sans fin ...
 
Ils n'étaient pas nombreux, peut-être un ou deux ...
 
Puis un jour, sur l'Adour, ils partirent cinq cent ...
 
"et par un prompt renfort, ils se virent trois mille en arrivant au Port ! "
 
Trois mille presque en vie à cent milliards d'esprits ...
 
C'est peu et c'est beaucoup ...
 
C'est le prix du courroux !
 
Car la colère est lourde des crimes du passé !
 
Voici venir le temps de ceux qui n'ont plus peur ...
 
Des enfants amoureux du futur ...
 
Sans rancœur ...
 
Je voulais des enfers ...
 
J'ai bu le vin amer ...
 
Je connais la détresse et l'histoire des déesses ...
 
Qu'importe le flacon pourvu qu'on est l'ivresse
 
Et qu'importe l'histoire pourvu qu'on est la gloire !
 
De ma tombe enchantée,
 
Je reviens en chantant !
 
Avec moi sont les pas des soldats et leurs trêves ...
 
Ils me suivent en musique car la mort est un rêve ...
 
Ma romance a Mille ans !
 
C'est l'amour d'une Reine qui ne veut plus pleurer et que je viens sauver ...
 
Je suis le temps qu'il fait !
 
Je suis ...
 
LE BEL ÉTÉ ! ».
 
 
 
 
© THIERRY LAURIER ŠURONIRISME 2012


L'ÎLE AUX MILLE ET UN JOURS
( Rêverie Littéraire sans fin )
EXTRAIT ...
 
 
 
 
 
*La dernière phrase de Louis XVI avant de monter à l’échafaud.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'AIGLE NOIR - BARBARA
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