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ODE À MOI !
 
 
( Le Héros apparait, habillé d'une toge romaine )
 
 
« Bien sur, nous aurions pu ciseler des diadèmes
Où les rouges et les bleus auraient dit comme on m'aime !
Sûrement, par la grâce de notre esprit aussi,
Nous aurions composé deux ou trois symphonies !
 
 
Oui ! Sur l'heure et toujours pour nous chanter sans cesse,
La Callas en vacances aurait quitter la Grèce !
Et si le Stoïcisme ne menait mes efforts,
On m'aurait vu frapper sur des bronzes à Belfort !
 
 
Mais je suis comme je suis ! Grand ! Suave ! Majestueux !
Un aigle dans les prés ! Un guépard aux envieux !
Noble dans mes propos ! À moi attentionné !
Talentueux et modeste ! Pléonasme français !
 
 
Alors, considérant le proverbe à propos :
En ces lignes et sans fard, je vais parler du beau !
Puisqu'« on est jamais mieux servis que par soi-même »,
Une ode, servons-nous et ce beau, c'est moi-même !
 
 
Souvenez-vous, mortels !
 
 
( Avec les même intonations dans la voix que celles d'André Malraux lors de son discours pour l'entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin. Crescendo avec le vent ! )
 
 
Quand la gare encombrée par ces cow-boys à l'ombre
Où le train attendu resifflait par trois fois !
Le justicier ! Le seul ! L'unique ! Pas le nombre !
Tirait, visant ses pieds ! En criant : « Me voilà ! ».
 
 
Lorsque je questionnais les muets sans ambages !
Quand les sourds avaient ouïs mes discours amplifiés !
Les aveugles eux aussi apercevaient le page !
Ils m'auront tous élus sans même aller voter !
 
 
Je suis le sombréro sous le soleil de Mars !
Je protège les forts et du froid à Bali !
Si je n'existais pas, on parlerait de farce
Mais je vis ! Dans les nues ! Comme les plumes au nid !
 
 
J'étais où il faut être, toujours sous les honneurs !
Sauvant des vieilles à Lourdes ! Délivrant les princesses !
Sur un cheval perché, vivant pour la grandeur !
Galopant, fier ! Et même si j'avais mal aux fesses ...
 
 
Je ne descendais pas ! J'usais mon postérieur !
Courant de çi de là, secourant les pompiers !
Quand venaient des billets ... Qui était le facteur ?
C'était moi, ce Daphnis ! Elle m'attendait Chloé !
 
 
Un tableau s'imagine ... une oeuvre se dessine ...
Sous le dôme éclatant des Papes, c'est la gloire !
Voici le Saint des Saints et Dieu qui s'illumine !
Sous la poussière, je ponce ! Pour Michel-Ange !
À boire !
 
 
Entendez, fer de lances ! Les épées qui s'aiguisent !
Voyez briller l'acier de ces dagues pas fines !
Elle penche sa fraise ! Il tombe le duc de Guise !
Le héros dégringole ! C'est moi qu'on assassine !
 
 
Mirez ! Déesses antiques aprés qui l'on se cogne,
Ma tragédie au Nil pour ce nez égyptien !
Ne sentez-vous l'histoire enrhumée dans mes pognes ?
Qui meurt pour Cléopatre ? Antoine !
C'est mon destin !
 
 
Souvenez-vous, sirènes, de tous ces marins sourds !
Du bel âtre bronzé attaché sur le mat !
Vous palpiez leur courage ! Il hurlait son amour !
Et le voyage durait ! Cet Ulysse, c'était moi !
 
 
Si j'avais des rayons, on me dirait Soleil !
Si j'étais en maison, Versailles serait mon gite !
Elle m'appellent Maya, au Mexique, les abeilles !
En Belgique, je suis Roi !
Mon nom, c'est : « Moules - frites » !
 
 
Je pourrais continuer bien longtemps ces hommages
Et dérouler du temps le cours des batailles !
Il ne faut trop en faire ! D'autres en prendraient ombrage
En tombant dans l'oubli comme un trou dans la faille !
 
 
Alors, si on vous dit que je suis un nuage ...
Si on prétend encore : « Personne ne le connait ! »;
Vous pourrez dire ému : « Moi ! J'ai vu ce mirage !
Il se nomme Thierry ! Il est simple ... et français ! ».
 
 
 
 
© THIERRY LAURIER 2011
 
 
 
 
 
 
 
Le Héros à Rome !
 
 
 
 
 
 
 
Et là, à Rome sur Dronne
Brantôme - Janvier 2011
( France - Sud-Ouest )
 
 
 
 
 
 
 
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