emsirinoruŠuronirisme - Message ou slogan
 
 
 
 
SORTIE PEU ONÉREUSE
 
 
 
« ... Mesdames et Messieurs, chers amis promeneurs, anciens et moins jeunes, seniors, retraités, préretraités, chômeurs de longue durée, malades, y'a pas d'enfants ?
 
Bien ...
 
Il me semble que vous êtes à peu prés tous parvenus à arriver avec les cars ou les charrettes et par conséquent, nous allons pouvoir nous rassembler dans le calme pour entamer notre joyeux périple à travers la campagne alentour comme à notre accoutumée chaque premier samedi du mois sauf en Juin prochain je vous le rappelle puisque nous marions le Gaston du Lubéron avec la Marguerite de la Martinique et là, il n'y en aura pas non plus des petits n'enfants vu qu'elle est ménopausée depuis les accords d'Evian et que pour lui, sa prostate s'est envolée avec ses dernières illusions le 10 Mai 1981 !
 
Si nous avons le temps et nous le trouverons,
nous ferons un détour pour faire un petit bonjour
à Mademoiselle Lancaster, la Mormone du Finistère qui nous offrira sûrement une bonne tisane de pissenlits à l'oseille et ça réveille.
 
C'est vrai qu'elle n'a pas inventé la Caravelle
mais elle est gentille et les bêtes l'aiment.
 
Comme dit son voisin cartographe,
 
" À défaut de découvrir l'Amérique,
elle devint colombophile ! ".
 
Nous n'oublierons pas non plus d'aller observer avec nos loupes, le grand nid d'abeilles qui donne la direction du Sud à l'intersection des quatre pins sans écorce.
 
Ces ouvrières sont ce qu'elles sont et on peut leur faire des flatteries mielleuses mais certainement pas de piquant reproches.
 
Vous les avez tous amenés vos lorgnons qui grossissent ?! Qui c'est qui l'a pas ?!
Tout le monde ? Levez le bras ceux qui l'ont ! Hein ? Y' a que vous Monsieur Dard ?
Ça me donne le bourdon, tiens ... et ben,
vous la prêterez sans intérêt en la faisant tourner dans le sens des aiguilles d'une montre suisse.
 
Ensuite ... de quoi ?
 
Ah bon !
 
Ensuite de quoi donc, nous nous dirigerons insouciants vers le cimetière qui penche du côté où il finira par tomber un jour et là, sans subir,
assis dans les courants-d'air et sur les pierres brisées,
nous déjeunerons d'un repas simple mais amplement suffisant aux pauvres gens :
 
Un peu de pain dur de la semaine dernière,
donné par la maire,
des noix d'il y a deux ans,
portées par le vent,
de l'eau du puits bouché,
prêté par l'abbé Rézina mais décanté dans une vieille chambre à air de l'antique tracteur de l'ancien facteur que nous aurons d'ailleurs l'occasion de remercier sans nous déplacer puisqu'il est enterré là où nous mangerons.
 
Qui sait même si par ce hasard divin qui nous porte à croire en vain, nous ne nous serons pas assis sur son propre caveau branlant en ayant bien pris garde auparavant de n'y pas tomber prématurément.
 
Si Dieu le veut, nous aurons trouvé par les chemins creux, quelques baies oubliées des morveux ou des herbes médicinales ignorées des rebouteux.
 
Auparavant, le Père Sanjoie nous aura dit la messe debout sur un billot.
 
Bientôt rassasiés et comblés, voir même bouchés de tous ces bienfaits du créateur, nous reprendrons notre route à travers les bois vers
Saint-Fougères-les-trois-cabanes,
petit village médiéval en ruine depuis le IVème siècle avant Jésus-Christ que nous atteindrons en escaladant le grand éboulis constitué par l'ancien ermitage de Saint-Teuton le casse-cou, un cousin germain de Saint-Antoine de Padoue.
 
Comment ?
Il était bien de quelque part ?!
Très drôle !
 
Cher ami, cela aurait été dommage de vous louper !
 
Hein ? C'est ce que vous a dit aussi le chirurgien ?
 
Fort bien !
 
Bref, là, nous pourrons admirer la célèbre croix
de mousse dite «  des cent pendus »
car bien des ignorants vinrent s'y finir
par la simple peur d'en partir.
 
Puis ...
 
Sans fond ...
 
Après cette échappée au bon air glacé, voici que sans mollir, la troupe reprendra sa route droit à travers les champs.
 
Attention aux cultures !
 
Les paysans d'ici sont susceptibles et nerveux depuis la dernière visite impromptue des écologistes venus leur expliquer comment bien mourir.
 
Passés les OGM à perte de vue et les immenses porcheries informatisés, Îlot de civilisation
où les cochons rejouent "Les temps Modernes",
nous nous déciderons à regagner nos maisons sans adresses en chantant des cantiques en occitan pour éloigner les loups peu mélomanes en cette saison et lorsque nous serons rentrés dans nos charmilles
mal isolées, nous pourrons conter à nos familles enrhumées, notre belle journée
dans les prés et les boés.
 
Entonnez mon credo !
 
'' On peut le crier haut ... C'est la vie de château ! ''
 
Sacs sur le dos !
 
En avant !
 
Marche !
 
Un écho ...
 
" - Ou crève ! "
 
- MIRACLE !
 
DIEU NOUS PARLE ! ».
 
 
 
 
 
© THIERRY LAURIER 2013
 
 
 
 
 
 
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